CopyPastehas never been so tasty!

Vous dire ce je pense de cette intervention télévisée ?

by anonymous

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Vous dire ce je pense de cette intervention télévisée ?

 

Mais je ne m’en sens pas la condition tant les échanges ont été savants et je n’y ai rien compris.

Dès la 1ère seconde, j’ai pourtant été rassuré car le luxe des lieux m’a semblé annoncer une santé financière du Pays restaurée. Evidemment les choses se sont vite gâtées quand j’ai perçu, pardon entendu qu’il faudrait relever la TVA. La date m’a cependant surpris : le 1er octobre ! N’est-ce-pas après les élections ? Mais le motif est épatant : donner le temps aux contribuables de profiter plus longtemps du taux actuel ! Généralement, on fait exactement l’inverse : faire rétroagir la loi au jour de l’annonce pour ne pas créer d’effets indésirables. Mais la gouvernance moderne nous apporte des nouveautés : la saisonnalité accélérée de l’impôt. Dans le passé, le Parlement votait le budget pour l’année suivante et traduisait la stratégie fiscale du gouvernement. Maintenant, on fait l’inverse, le budget est voté mais il n’a plus qu’une vertu occupationnelle pour la représentation nationale. Les vœux présidentiels et les émissions de télévision tiennent lieu de bulles fiscales, au sens papal du terme. Sur la TVA notre hôte était si convaincant que je me suis demandé pourquoi il avait tant attendu pour nous rendre ce service de TVA relevée aux vertus si nombreuses. Quelle mauvaise manière a été faite aux malheureux restaurateurs en leur baissant leur TVA alors qu’en l’augmente pour tout le monde, pour un mieux être général.

Sur le plan historique, les accélérations ont été aussi impressionnantes. Nous sommes dans une crise « jamais connue tout au long de notre histoire ! » Les guerres, les génocides, les cataclysmes, tout cela n’aura été que de petits épisodes comparés à cette crise que notre vénéré protecteur nous a quasiment épargnés. S’agissant du budget en diminution pour la 1ère fois depuis 1945, j’ai trouvé l’affirmation très audacieuse quant on sait qu’il y a la sécurité sociale et les collectivités locales et que le tout additionné révèle non pas une baisse mais une forte augmentation des dépenses. Mais le Président semble vraiment le croire. On lui a peut être assuré. On est parfois si mal entouré.

Sur le droit des sols et notamment l’autorisation de construire 30% de SHON de plus qu’aujourd’hui, j’ai trouvé l’idée intéressante mais totalement à rebours des complications juridiques accumulées depuis 5 ans et qui n’ont fait qu’amplifier un droit déjà impraticable. Une promesse d’abroger tous les textes inutiles m’aurait presque davantage rassuré.

Sur la Banque de l’Industrie, la vraie question qui compte est de savoir si les emprunteurs solvables continueront de s’adresser aux banques traditionnelles laissant seuls ceux qui ne pourront pas rembourser à la nouvelle banque d’Etat.

Sur l’apprentissage, cette voie est réellement la seule réaliste et si la volonté politique exprimée ce soir se traduit réellement dans les actes, ce sera un grand progrès.

Pour le reste de la gouvernance, j’ai compris que tout avait été mené de manière ordonnée et logique. Faut-il que les Français soient tordus pour ne pas s’en être aperçu.

La fin était apitoyante. Le Président s’admirait lui-même de sa toute neuve capacité à marquer une infinie empathie à l’endroit de tous ceux qui souffrent, se situant héroïquement dans le camp des favorisés. On aurait dit l’Abbé Pierre en costume de ville disant la messe dans les beaux quartiers. Bref, un grand moment d’émotion.

Mais la fin était plus divine encore. Le 4 remerciements de journalistes : « merci monsieur le Président » s’enchainaient comme un concert d’obséquiosité à faire blêmir les plus rudes dictateurs.

Bref, une étrange soirée d’un quinquennat rock-en-roll entamé à l’aube dans l’euphorie et qui s’achève dans la dèche, au crépuscule.

Alain Lambert

ancien ministre

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