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Pour en finir avec le mensonge en finances publiques

by alambert

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Pour en finir avec le mensonge en matière de finances publiques. 

L’accélération de la campagne présidentielle. La situation des finances publiques et la révolte des Grecs appellent à en finir au plus vite avec le mensonge. Les dirigeants et notamment les candidats, pour être élus, défient trop souvent les lois les plus naturelles de la sagesse budgétaire. Les peuples crédules les croient et se laissent tenter par le plus offrant, celui qui dépense plus, celui qui lève le moins d’impôts. Au diable le déficit et la dette, ce sont des vielles rengaines pour comptables austères et gâteux.

Certes, la crise financière a remis les déficits et la dette sur le devant de la scène. On a même vu des Grecs désespérés allumer des incendies partout pour marquer leur désarroi face à une situation de faillite dont leurs dirigeants s’étaient bien gardés de les prévenir. Les salaires baissent, les pensions également, et demain ce sont les produits de première nécessité qui viendront à manquer. Evidemment, on leur fera croire que ce sont les vilains spéculateurs mondiaux qui les ont mis dans cette panade. En réalité, on leur a caché qu’ils vivaient depuis des décennies au dessus de leur moyens et que la terrible facture leur est désormais présentée, sans délai, dans toute sa cruauté.

S’agissant de la France qui n’est pas à l’abri définitivement d’un tel scénario, il est absolument indispensable que les candidats à la présidentielle soient transparents vis-à-vis du Peuple français qui sera appelé aux urnes.

Les pistes de mensonges sont parfaitement identifiées : une croissance du PIB et une inflation supérieures à la réalité, pour masquer l’irréalisme des dépenses et recettes envisagées, un déficit et une cette largement sous-estimés, comme le service des intérêts qui ne peut que s’enchérir.

Un autre déficit démocratique s’y ajoutera celui de la langue utilisée.

La langue électorale, pour ne pas être comprise, ne parle jamais des euros que les Français ont dans leur poche, mais de ratios de PIB, de volume, etc.

Le discours tenu en France est, au surplus, totalement différent de celui tenu à Bruxelles.

Ainsi le programme de stabilité qui constitue l’engagement de la France et donc des Français auprès de nos partenaires européens est passé sous silence, pourtant il nous décrit par le menu détail les efforts promis pour assainir nos comptes. Comme il est déposé à Bruxelles en Avril en pleine campagne présidentielle, il serait démocratiquement logique que chaque candidat communique clairement aux Français la copie qu’il enverrait à Bruxelles s’il était Président.

Au fait, pourquoi la presse n’exigerait-elle pas cet exercice ?

Il serait salutaire.

Les candidats devraient renseigner un tableau prévoyant en « nominal » et non en « volume », c'est-à-dire en euros courants comme ceux qui sont dans la poche des citoyens, les prévisions de finances des administrations publiques, sur la période 2012/2016, en dépenses (par sous secteurs), en recettes, en solde (déficit ou excédent), en dette, et en PIB. Ainsi, nous pourrions voir quels sont les candidats qui tablent sur la maitrise des dépenses, ceux qui préfèrent les recettes, ceux qui font un mix, ceux qui endettent les Français, ceux qui réduisent au contraire l’endettement.

Cette information est essentielle pour permettre à nos compatriotes de faire un choix éclairé lors de la présidentielle, et le débat public en sera clarifié car les candidats ne passeront pas leurs débats à se soupçonner de mentir mutuellement. Ils pourront consacrer leur temps de parole à assumer leur choix ce qui est la grandeur de la politique.

J’espère que cela se fera et j’attends qu’un media veuille bien s’y lancer. Je vous tiendrai au courant.

L’avenir de nos démocraties en dépend.

 

Alain Lambert

ancien ministre

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