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La démocratie est-t-elle un sujet trop sérieux pour être con

by anonymous

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La démocratie est-t-elle un sujet trop sérieux pour être confié à des politiques ? 

C’est ce que m’inspire la décision de Papandréou de soumettre à referendum le plan de sauvetage de la Grèce et de l’Euro. De deux choses l’une, soit il en avait prévenu ses homologues et nous aurions dû en être informés car nous sommes concernés. Soit il ne l’avait pas fait et nous sommes dans une situation de défaut de confiance qui rend caduque notre solidarité européenne pour l’avenir. 

Je ne suis pas opposé au principe du referendum, il me semble un instrument de responsabilité du Peuple, salutaire dans les situations de crise notamment. 

Il reste qu’il est totalement inapproprié à la situation que nous traversons. 

 Cette situation est désastreuse, elle commande l’urgence, l’action immédiate, et la responsabilité conjointe et solidaire de l’ensemble des pays. Au point même que choisir un instrument d’adhésion des peuples différent selon les pays pose un problème de conscience dès lors que lien qui nous unit désormais devient supranational.

Le délai d’approbation du plan est inséparable du plan lui-même. Il aurait dû même être tacitement admis que les Exécutifs avaient pouvoir tacite des Peuples pour arrêter l’incendie qui menaçait d’embraser l’Europe et la planète toute entière. Car il s’agit bien d’un incendie. Et personne n’a imaginé que pareille catastrophe suppose de réunir en congrès les pompiers sur la largeur des tuyaux pendant que la maison brule. On éteint d’abord et on se réunit ensuite. Les grecs proposent le contraire. Il menacent leurs intérêts, mais admettons qu’ils soient déjà bien entamés, mais ils menacent toute la zone euro et peut-être pire. Ce qu’ils font est une atteinte grave à la solidarité européenne.

Cela confirme, plus qu’il en était nécessaire, l’impossible situation dans laquelle nous nous trouvons. L’Euro a été une construction emblématique, voire mythique, bâtie sur la confiance mutuelle que des Chefs d’Etats avaient les uns dans les autres. Ils avaient, pour ne pas retarder l’œuvre qui ne se serait jamais réalisée sans eux, choisi de rester ambigus sur l’appareillage fédéral qu’il fallait y ajouter pour en assurer la soutenabilité dans la durée. Depuis lors, personne n’a jamais eu la dimension ni le courage politique d’avancer sur cet appareillage absolument indispensable pour assurer la solidité de l’édifice. Aujourd’hui sous le poids de la crise, il menace de s’effondrer. Les sommets en série qui se succèdent sont devenus un théâtre qui laisse croire aux Peuples que leur destin se joue dans une grande pièce qui dure toute une nuit et dont la fumée blanche clôture la séance. Chacun rentre dans son Pays en expliquant qu’il a sauvé la monnaie et on attend la prochaine crise pour en reparler.

Si l’architecture fédérale n’est pas construite rapidement pour consolider l’ensemble, il vaut mieux le démonter progressivement pour éviter l’effondrement définitif lors de la prochaine bourrasque avec son cortège de malheurs. L’adhésion à cette architecture fédérale est un choix de civilisation presque, mais le défi mérite d’être tenté. S’il ne l’était pas, il faut nous préparer à des lendemains tragiques.

Nous avons connu, la faute grecque, nous connaissons maintenant la trahison grecque. N’attendons pas la tragédie grecque pour agir. Il serait trop tard. Prenons des dispositions drastiques les concernant. Et mettons en chantier le dossier fédéral. Sinon, c’est le crépuscule de l’Europe avant l’agonie.

Mesdames et messieurs les chefs d’Etats et de Gouvernement, ne nous laissez pas comprendre que la démocratie serait un sujet trop sérieux pour être laissé exclusivement entre les mains des politiques.

Alain Lambert

Ancien ministre du budget.

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