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La « super-honnêteté » de François Bayrou ne divisera pas le

by anonymous

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La « super-honnêteté » de François Bayrou ne divisera pas les gens honnêtes.

 

Un titre navigue sur le Web : la super-austérité de Bayrou diviserait les économistes. Qualifier d’austérité la stabilité des dépenses dans un Pays qui précisément dépense le plus au monde relève d’un abus de langage. Si la France se situait dans la moyenne des pays de son standard social, nous pourrions effectivement nous poser la question de savoir si un peu de dépenses supplémentaires ne ranimerait pas la croissance. Mais en 2010, elles se sont élevées à 56,2% de la production nationale. Nous sommes avec le Danemark champions du monde ! Contrairement à tous les autres Pays de l’OCDE, nos dépenses sont en constante augmentation depuis 30 ans, au point que le Chroniqueur Eric Le Boucher écrivait en 2008 que « Gauche et droite ont confondu social avec dépenses publiques ».

L’idée qu’il faudrait continuer à dépenser davantage est mortifère. Lorsque certains économistes prétendent qu’avec un niveau de 56,2% de dépenses, une augmentation supplémentaire permettrait d’alimenter la croissance, ils ne peuvent pas étayer raisonnablement leurs affirmations. Si la croissance était mécaniquement corrélée au niveau de dépense, nous serions champion du monde de la croissance. Ce qui, à l’évidence, n’est pas le cas.

C’est la mauvaise gouvernance de la France qui ne lui permet plus de se redresser. L’action publique et donc les dépenses qui en résultent sont éclatées entre au moins 3 acteurs principaux, l’Etat, la Sécurité Sociale et les collectivités locales. Les politiques les plus couteuses sont conduites par les trois à la fois, dans un désordre incommensurable. Des doublons, une bureaucratie kafkaïenne gaspillent chaque jour les maigres ressources disponibles. Alimenter davantage encore ce système infernal qui fuit par tous les côtés serait une dilapidation du fruit du travail des Français.

François Bayrou propose une solution simple et raisonnable. L’action publique dont le cout est le plus élevé au monde peut être menée pendant deux ans sans augmentation nouvelle ! Où est l’austérité ? Il s’agit plutôt d’une garantie ! Les candidats qui promettent des augmentations de dépenses sans les financer menacent l’action publique car ils ne trouveront plus de prêteurs pour accroitre encore la montagne de dettes accumulées au nom du dogme de la dépense.

Les mêmes économistes proposent de continuer à dépenser pour stimuler la croissance. Comme s’il s’agissait d’un retour mécanique promis à tout dépensier zélé. Nous sortons de 35 années ininterrompues  d’expérience de cette théorie. Nous empruntons aujourd’hui pour payer les intérêts de la dette et les mêmes nous invitent à continuer.

Je note qu’Elie Cohen qui critique le programme de François Bayrou a qualifié celui de François Hollande de « habile » ! Si l’habileté tient lieu désormais d’honnêteté politique, bonjour la démocratie !

La stabilisation en valeur soulève en effet légitimement la question des dépenses sociales et locales. S’agissant des prestations sociales, elles représentent 45,3% de la dépense globale, beaucoup plus que les dépenses de fonctionnement qui ne sont qu’à 35%. Veiller à ce qu’elles n’explosent pas est le plus sûr moyen d’en garantir le paiement. Emprunter pour servir des prestations courantes de maladie ou de vieillesse est le plus sûr moyen de précipiter le système de santé ou de retraite en faillite. Beaucoup de bénéficiaires préfèreront une garantie qu’une promesse imprudente fondée sur une croissance providentielle que l’endettement super massif pourrait transformer en tragique récession.

S’agissant des collectivités locales, voilà bien longtemps qu’elles n’attendent plus des transferts de ressources plus importants de l’Etat car elles savent parfaitement qu’il n’en a plus les moyens. En revanche, elles demandent avec force qu’on cesse d’engager pour leur compte des dépenses nouvelles que les administrations centrales engagent chaque jour par une production normative délirante que le gouvernement ne sait plus maitriser.

Le programme de François Bayrou est le seul responsable parmi ceux qui ont été publiés et nous ne tarderons pas à le constater lorsque nous publierons chacun notre projet de programme de stabilité. Lequel devra être envoyé à Bruxelles en Avril prochain. Nous verrons qui promet le vrai et qui promet le faux.

Le mensonge en politique s’accomplissait jusqu’alors par des promesses non finançables, la ficelle devenue trop grosse, elle est désormais remplacée par une croissance providentielle qui viendrait demain effacer, sans effort, tous les déficits, les dettes et autres lâchetés. Les Français ont été trop souvent trompés pour s’y laisser prendre une nouvelle fois. Car la France tomberait encore plus bas que la Grèce ne l’est hélas aujourd’hui.

Alain Lambert

ancien ministre.

Comments

  • Hervé Torchet
    Il y a deux économistes (ou prétendus tels) qui se trompent avec la même et systématique et égale constance : Alain Minc et Élie Cohen. En réalité, le programme de Hollande en 2012, c'est celui de Papandréou en 2009 : assez de mensonges pour gagner l'élection, mais deux ans plus tard, le pays en faillite et le premier ministre en caleçon. Donc, il vaut mieux éviter la première étape, ne fût-ce que pour son bien.

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